Accueil du site > Indice du jour > Bourse : Un marché souvent auto-prophétique

Bourse : Un marché souvent auto-prophétique

Bourse : Un marché souvent auto-prophétique

Bourse : Un marché souvent auto-prophétique


L’impact des agences de notation dans la crise de la dette actuelle a montré une chose : la capacité de certaines institutions à orienter les marchés en fonction de leurs prédictions. Ce phénomène bien connu du monde de la finance semble aujourd’hui de plus en plus important. Explications....

vendredi 19 août 2011, par Jérémie Gatignol

Bourse : Un marché souvent auto-prophétique bourse, analyse technique bourse, cour bourse, bourse finance, rumeurs, mimetisme

  



L’univers de la finance, est un univers assez particulier ou la moindre rumeur, le moindre doute, la moindre annonce peut avoir des conséquences catastrophiques ou au contraire très bénéfiques sur les cours des Bourses. Mais, ce qui est le plus déroutant, c’est l’aptitude du marché à réaliser ses propres prédictions....

En effet, bien connu des experts de la finance et de l’économie en générale, le marché, au travers de ses représentants les plus influant a une capacité extraordinaire à réaliser les prédictions de ses experts.

Bien que cela ne soit pas toujours le cas, les annonces des chefs d’états, les réactions des banquiers centraux ou encore les décisions des agences de notations affectent énormément les cours des marchés boursiers.

Ainsi, beaucoup de prédictions des grands magnats de la finance endossent l’habit de véritables prophéties auto-réalisatrices et finissent par se réaliser quelques jours voir quelques heures à peine avoir été proférées publiquement.

Une situation préoccupante aujourd\'huiUne situation préoccupante aujourd’hui

La crise de la dette actuelle en est un parfait exemple, avec l’influence de plus en plus importante des agences de notation. Avec des décisions unilatérales d’abaisser les notes des états qu’elles jugent en position délicate pour rembourser leurs dettes, les agences de notation engendrent des situations spéculatives qui rendent effectivement les positions des états concernés très difficiles à tenir. Se faisant, elles induisent très souvent un cercle vicieux dont il est très difficile de sortir.

La situation est telle aujourd’hui que ce sont avant tout les déclarations des chefs d’états ou des gouverneurs des banques centrales qui font la pluie et le beau temps sur les marchés financiers plus que la situation de l’économie réelle. Les spéculateurs scrutent avidement toutes les réactions de ces grands décideurs et agissent beaucoup en réaction à celles-ci et surtout en adéquation avec les analyses des experts suite à ces déclarations.

Ce phénomène est gravement accentué par le mimétisme ou "l’effet mouton" qui régit le comportement de la plupart des investisseurs.

Par peur de manquer une occasion en or ou au contraire de perdre beaucoup d’argent face à la chute d’un titre, les spéculateurs sont souvent tentés d’agir comme leur voisin ce qui multiplie les effets auto-prophétiques du marché.

Si la tendance sur le marché est l’annonce d’une hausse d’un titre, celle-ci sera souvent beaucoup plus importante qu’elle ne devrait être au vu de la réalité économique et il en va de même pour la chute d’un titre qui peut souvent être vertigineuse et totalement démesurée.

Mimétisme et théorie des jeuxMimétisme et théorie des jeux

Ce phénomène n’est certes pas nouveau mais il semble véritablement au centre des problèmes de la Bourse actuellement et c’est ce mimétisme qui est à la base du carctère auto-prohétique des marchés, puisque si individuellement on peut ne pas adhérer à une prédiction sur la Bourse, quand est il de notre collègue spéculateur ? Si lui choisit d’y croire alors même si moi ne n’y crois pas je serais tout de même forcer de réagir de la même manière....

Cette attitude est en faite une stratégie classique de théorie des jeux : le dilemme du prisonnier.

Deux malfrats complices se font arrêter par la police pour un crime présumé. Les deux individus sont interrogés séparément et la police ne peut les inculper que si l’un d’entre eux craque et avoue le crime (la peine encourue pour le crime est de 5 ans). La police propose alors à chacun d’entre eux d’avouer et de voir leur peine réduite de 2 ans.
Ainsi, si l’un avoue mais que l’autre ne le fait pas l’un aura 3 ans de prison et l’autre 5, s’ils avouent tous les deux ils n’auront que 3 ans de prison chacun et si aucun des deux n’avoue ils seront libres tous les deux. Comme aucun des deux ne sait ce que l’autre va faire, ils ont alors tout intérêt à avouer puisque s’ils ne le font pas mais que leur camarade "craque" celui qui n’a pas avouer sera condamné à 5 ans de prison.

Ainsi, alors que la situation optimale serait de ne pas avouer et de repartir libre, les deux individus vont avouer et écoper de 3 ans de prison.

Ce cas classique de théorie des jeux montre précisément comment le raisonnement stratégique des spéculateurs fonctionne dans un environnement incertain comme celui de la Bourse où on ne sait jamais comment les autres investisseurs vont réagir face à une annonce.

Dés lors, il est très souvent beaucoup plus sûr d’agir conformément aux prédictions du marché et donc de faciliter leurs réalisations.



Bourse : Un marché souvent auto-prophétique : A lire également...

Bourse : Suivre un cador de la bourse, un exemple à ne pas suivre !
Gare à la tentation ! Pour beaucoup d’investisseurs en Bourse novices, il est très tentant de suivre les exemples des grands "cadors" de la Bourse, (...)

Bourse : Comment jouer les indices ?
indices boursiers et trackers CAC 40, Nasdaq, DAX30 ou Dow Jones, les indices boursiers sont légions sur l’ensemble des places financières du (...)

Bourse : Ces femmes au foyer plus visionnaires que les traders !
Bourse : un univers d’hommes Rares sont les femmes dans les salles de marché. Sur 1500 traders sur la place de Paris, les femmes traders ne (...)

L’espoir de gain en bourse est l’ennemi à combattre !
Bourse : Gagner de l’argent rapidement ? Vous pensiez que la bourse permettait de gagner rapidement de l’argent sans rien faire ? Vous êtes plutôt (...)